
Et si nous avions appris à aimer ce qui nous abîme ?
Dans cet essai passionnant, Chloé Thibaud interroge un angle dérangeant : la manière dont la culture et la pop culture ont façonné nos désirs. Films, chansons, séries, littérature… tout un imaginaire collectif qui nous a appris, parfois à notre insu, à romantiser la domination, l’obsession, la jalousie, la transgression masculine.
À partir de son expérience personnelle, qu’elle confronte à la sociologie, aux études et aux entretiens, l’autrice décortique ce que la fiction nous apprend à trouver séduisant dans les relations hétérosexuelles. Elle analyse les récits qui nous ont bercées : de 𝐾𝑖𝑙𝑙 𝐵𝑖𝑙𝑙 aux chansons de Bertrand Cantat, des peintures de Fragonard à Disney (𝑅𝑎𝑡𝑎𝑡𝑜𝑢𝑖𝑙𝑙𝑒), des 𝑉𝑎𝑙𝑠𝑒𝑢𝑠𝑒𝑠 à 𝐿’𝐴𝑢𝑏𝑒𝑟𝑔𝑒 𝑒𝑠𝑝𝑎𝑔𝑛𝑜𝑙𝑒 , de 𝐿𝑎 𝐵𝑜𝑢𝑚 à 𝑇𝑤𝑖𝑙𝑖𝑔ℎ𝑡 … Rien n’est sacré, tout est questionné.
Ce que démontre ce livre, avec une grande clarté, c’est que 𝐥𝐚 𝐟𝐢𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐧𝐞𝐮𝐭𝐫𝐞. Elle construit nos imaginaires amoureux. Elle peut normaliser les rapports de domination. Elle peut nous apprendre à confondre intensité et violence.
On nous a souvent raconté que l’amour véritable était sacrificiel. Qu’il devait faire mal. Que la passion justifiait les débordements. Que la jalousie était une preuve d’attachement.
Et si tout cela n’était qu’un conditionnement ?
L’essai vulgarise avec intelligence la question des violences sexistes et sexuelles, sans jamais être simpliste. Il ouvre un espace de réflexion nécessaire, accessible, stimulant. Il nous oblige à revisiter nos références culturelles, nos films cultes, nos chansons fétiches — et à les regarder autrement.
Un livre intelligent, solidement documenté, profondément utile.
À lire pour désapprendre, pour comprendre et pour aimer autrement.
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Cet article a été publié initialement sur Instagram.



